L’ Assemblée générale des Nations Unies a approuvé mardi la création de deux nouveaux mécanismes mondiaux visant à renforcer la coopération internationale en matière de gouvernance de l’intelligence artificielle. Ce que le secrétaire général de l’ONU , António Guterres, a qualifié d’initiative historique visant à garantir que l’IA serve l’intérêt collectif de l’humanité. Cette annonce a été faite mardi soir à New York, après des mois de négociations entre les États membres et les acteurs mondiaux préoccupés par le développement et le déploiement incontrôlés des technologies d’IA.

Les deux mécanismes, le Groupe scientifique international indépendant des Nations Unies sur l’IA et le Dialogue mondial sur la gouvernance de l’IA, visent à fournir des orientations fondées sur des données probantes et une plateforme durable pour la coordination des politiques internationales. L’ ONU a déclaré que les nouvelles structures s’inscriront dans le cadre du Pacte numérique mondial, adopté en 2024 dans le cadre plus large du Pacte pour l’avenir.
Guterres devrait lancer un appel à candidatures pour le comité scientifique dans les prochaines semaines. Composé d’experts internationaux de toutes disciplines, ce comité fournira des rapports annuels évaluant les développements technologiques, les risques et les implications éthiques de l’IA . Ces conclusions seront présentées lors du Dialogue mondial sur la gouvernance de l’IA, qui se réunira pour la première fois à Genève en juillet 2026, puis à New York en 2027.
Cette initiative fait suite à une inquiétude internationale croissante face à l’évolution rapide de l’intelligence artificielle, sans surveillance mondiale adéquate. Alors que les pays et les blocs régionaux ont mis en place des réglementations nationales et transfrontalières, l’ initiative de l’ONU vise à créer une approche universellement inclusive réunissant gouvernements, universités, industries et société civile sous une même égide multilatérale.
Un comité scientifique présentera chaque année ses conclusions sur les risques liés à l’IA
L’ Union européenne , qui a récemment mis en œuvre sa propre loi sur l’IA et créé l’Office européen de l’intelligence artificielle, a salué la décision de l’ONU , soulignant la nécessité de normes mondiales cohérentes pour compléter la réglementation nationale. Les pays en développement, notamment ceux représentés par le Groupe des 77, ont également plaidé en faveur de modèles de gouvernance équitables qui tiennent compte des disparités en matière de capacités technologiques et d’accès aux données.
L’élan mondial en faveur d’ une gouvernance de l’IA s’est accéléré au cours de l’année écoulée, dans un contexte d’inquiétudes concernant la désinformation, les biais algorithmiques, la surveillance et l’impact de l’IA sur le marché du travail. Ces enjeux ont été mis en lumière lors du Sommet des Nations Unies sur l’avenir de 2024, qui a servi de catalyseur à l’adoption du Pacte numérique mondial et a appelé à la mise en place de mécanismes institutionnels pour relever les défis de l’IA à l’échelle mondiale.
Alors que certains acteurs avaient plaidé pour la création d’une nouvelle agence internationale de l’IA, similaire à l’Agence internationale de l’énergie atomique ( AIEA ) ou au Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, l’ ONU a opté pour un mécanisme à double structure axé sur l’intégrité scientifique et le dialogue politique. Cette approche vise à concilier agilité et autorité, permettant de réagir rapidement aux risques émergents liés à l’IA tout en préservant l’inclusivité.
Les BRICS et l’UE soutiennent le leadership de l’ONU en matière de réglementation de l’IA
L’intérêt multilatéral pour la gouvernance de l’IA s’est également manifesté lors d’autres forums cette année, notamment lors du sommet des BRICS au Brésil , où les dirigeants ont appelé les Nations Unies à jouer un rôle moteur dans l’élaboration de normes mondiales pour une IA éthique et responsable. La nouvelle initiative de l’ONU est perçue comme une réponse à cet appel et une tentative d’affirmer son leadership dans un domaine de plus en plus marqué par la concurrence géopolitique et commerciale.
Les Nations Unies exhortent toutes les parties prenantes à soutenir ces nouveaux mécanismes et à contribuer à l’élaboration d’un cadre dans lequel l’intelligence artificielle favorise le développement durable, protège les droits humains et réduit les inégalités mondiales. Les premiers rapports du groupe scientifique étant attendus d’ici mi-2026, la communauté internationale suivra de près la capacité de l’initiative à traduire le consensus politique en actions concrètes. – Par Content Syndication Services .